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11/03/2026 - source : Patrimoine 24

Ainsi va le monde… c’est bien de conflit armé qu’il sera question en ces lignes. Et sans aucun doute, sous un angle bien futile face aux terribles réalités que charrie toute guerre, celui de ses impacts – actés ou potentiels – et implications pour la course des marchés financiers et la valorisation de différentes classes d’actifs – au premier rang desquelles, les taux et les différents segments des marchés de crédit qui nous occupent au premier chef. 

Et autant (se) l’avouer d’emblée, la réaction des marchés n’est jamais à la hauteur de l’horreur d’un conflit : d’une part, parce qu’indépendamment de l’analyse qui y prévaut d’un conflit donné, quelle que soit sa justesse, l’équilibre des marchés n’intègre(ra) jamais les risques de temps long qu’il porte en germe ; d’autre part, parce que même à court terme, les marchés ont rarement démontré une grande capacité à intégrer les risques géopolitiques.

Dans le cas précis de l’opération israélo-américaine « Fureur épique » (qui reprend le nom de l’opération de renseignement qui avait soutenu en son temps, l’opération Enduring Freedom menée par les Etats-Unis en Afghanistan dans le sillage des attentats du 11 Sept. 2001) déclenchée le 28 février dernier contre l’Iran, la réaction des marchés s’est, jusqu’ici, articulée autour d’un scénario central de « conflit de courte durée » et d’un scénario périphérique, plus volatil, centré sur ses potentielles répercussions en termes :

non seulement de perturbation des flux d’exportation de produits pétroliers/gaziers (sachant que respectivement ¹/3 des exportations mondiales de pétrole et ¼ des exportations mondiales de produits pétroliers raffinés par voie maritime passent par le détroit d’Ormuz contrôlé par les autorités iraniennes), mais également de destruction des infrastructures d’extraction pétrolière et gazière à portée de tirs/drones de l’Iran

i.e. d’évolution et d’ancrage de moyen terme des prix mondiaux du pétrole et du gaz, et partant, des anticipations d’inflation mondiale. Un scénario plus volatil, préjudiciable aux valorisations des émetteurs cycliques et plus globalement High Yield, mais qui s’affermit à mesure que se crédibilise le scénario d’un conflit de courte durée… Et que s’installe en parallèle dans les grilles d’analyse des opérateurs de marchés, le narratif (aisément justifiable et illustrable) de l’amoindrissement de la vulnérabilité de l’économie mondiale à un éventuel choc pétrolier (par rapport à la situation qui présidait lors de la Révolution iranienne de 1979).

 

Par Mathieu Cron, Gérant Obligataire

 

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