Le 5 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé la liste de ses 18 principaux ministres, précisant que le reste du gouvernement serait présenté après sa déclaration de politique générale. Cette équipe, quasi identique à celle de François Bayrou, ne compte que deux changements notables : le départ d’Éric Lombard, réputé proche du PS remplacé par Roland Lescure, et le retour de Bruno Le Maire au ministère des Armées, tous deux fidèles d’Emmanuel Macron.
La « rupture » tant promise par le nouveau locataire de Matignon apparaissait donc bien timide, fragilisant d’emblée sa position. Ce quasi “copié-collé” du gouvernement Bayrou a provoqué une levée de boucliers : RN, LFI, UDR, Verts, Républicains et PS ont unanimement dénoncé un « nouveau gouvernement » sans véritable inflexion politique, annonçant qu’ils soutiendraient une nouvelle motion de censure.
Face à ces vives réactions, et seulement 12 heures après la présentation de son équipe, S. Lecornu a finalement rendu les armes le 6 octobre, devenant le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République. Avec seulement 27 jours à Matignon, il bat le précédent (triste) record détenu par Michel Barnier, resté en fonction 91 jours. Dans la foulée, les étatsmajors politiques se rejoignent sur un même mot d’ordre, adressé à un président de la République plus isolé que jamais : Dissolution.
Cette démission surprise accentue le blocage institutionnel et renforce le stress politique auquel fait face l’Hexagone. Sans surprise, le marché obligataire a été le premier à réagir. Le taux français à 10 ans a bondi (+6 bps), franchissant 3,6 % en séance, tout près de son plus haut depuis la crise de la zone euro.
Écart des taux France-Allemagne à 10 ans
L’écart avec le taux allemand à 10 ans s’est également creusé (+4 bps, à 85 bps), sur fond de craintes croissantes quant aux déséquilibres des finances publiques (cf. graphique).
Le CAC 40 est lui aussi en première ligne face au manque de visibilité politique (freins à la consommation et à l’investissement) et au risque de prolongation de la surtaxation de l’impôt sur les sociétés. Quelques jours à peine après avoir franchi le seuil des 8’000 points, l’indice parisien a décroché de 2 % en séance, avant de limiter la casse et de clôturer en baisse de 1,4 %. Pour l’heure, aucun effet de contagion notable n’a toutefois été observé sur les autres places européennes, à l’exception de l’euro, qui montre quelques signes de fragilité face au dollar.
Au sein de l’indice, les secteurs traditionnellement sensibles au risque politique ont été les plus touchés : banques, assureurs et sociétés de concessions autoroutières. Les valeurs à forte sensibilité aux taux (télécommunications, services aux collectivités et immobilier) ont également été mis sous pression.
Pour consulter le Flash Marchés d’Apicil AM dans son intégralité, cliquez ICI.
Pour accéder au site, cliquez ICI.