Atteindre les 9 Md€ d’encours d’ici cinq ans

01/05/2025 - source : Investissement Conseils

Amplegest, société du groupe Cyrus, compte accélérer sa croissance en s’appuyant sur le réseau du groupe, mais aussi en s’ouvrant aux professionnels du patrimoine via sa gamme de fonds (actions, crédit et diversifiés) et sa gestion déléguée. Marie Saltiel dévoile les expertises et les ambitions de la société qu’elle préside. 

Atteindre les 9 MdInvestissement Conseils : Quelle est l’histoire d’Amplegest ?Marie Saltiel : Amplegest est une société de gestion d’actifs cotés créée en 2007, puis reprise, en 2010, aux côtés d’Invest Securities. Nous avions une forte culture gestion privée, puisque nous étions d’anciens de CCR Chevrillon Philippe. Néanmoins, nous nous sommes toujours appuyés sur deux métiers : la gestion privée donc, mais aussi l’asset management. En effet, les fonds que nous avons créés ne sont pas uniquement dédiés aux besoins de notre gestion sous mandat, mais sont aussi distribués en externe, principalement auprès des institutionnels et banques privées. Notre développement a donc reposé sur ces deux jambes et nous avons réalisé deux opérations de croissance externe : l’acquisition d’une petite société de gestion, SGI, en 2015, puis une prise de participation de 65 % au sein d’Octo AM en 2018. Suite à des visions stratégiques différentes avec notre actionnaire, qui détenait 45 % de notre capital, nous avons cherché à nous rapprocher d’un fonds d’investissement ou d’une autre société de gestion. Or nous avons été séduits par l’approche de Meyer Azogui, que nous avions rencontré par hasard, car nous n’étions pas proches du marché des cabinets de gestion de patrimoine. Intégrer le groupe Cyrus nous a convaincus. Ce choix était le bon, à la fois pour nos clients et pour nos collaborateurs. Comme nous, Cyrus place les clients au centre du dispositif, tant sur le plan du conseil que de la gestion. Les synergies étaient évidentes pour nos clients, avec notamment l’accès à une offre plus large, comme l’immobilier, le Private Equity et les produits structurés. Par ailleurs, nous sommes également attachés à ce que nos salariés soient actionnaires – 75 % du capital du groupe Cyrus est détenu par son management et ses salariés, soit un collaborateur sur deux. C’est en effet un élément d’attractivité pour une marque employeur, mais aussi un bel outil de cohésion des équipes. Pour Cyrus, notre intégration permettait d’élargir sa palette sur les actifs cotés qui était jusqu’alors concentrée sur des fonds diversifiés global macro. Notre société s’est également renforcée à l’occasion du rapprochement du groupe Cyrus et de Maison Herez, avec l’absorption de Fourpoints, et la fusion avec la société de gestion Octo AM, spécialiste de la gestion obligataire value.Comment se décomposent vos encours ?Au 1er avril dernier, nous comptions 5 milliards d’euros d’encours gérés par une quinzaine de gérants privés et une quinzaine de gérants de fonds (sur un total de soixante personnes), répartis à 50/50 entre asset management et gestion sous mandat. Les 2,5 milliards d’euros d’encours en asset management sont constitués pour : - 1,5 milliard d’euros sur nos fonds actions (Amplegest Pricing Power, Amplegest Pricing Power US, Amplegest Digital Leaders, Amplegest PME, Amplegest Midcaps, Valeur Intrinsèque), diversifiés flexibles (la gamme Nova) ; - et 1 milliard d’euros sur les fonds obligataires d’Octo AM. La gestion sous mandat repose à 50 % sur la clientèle historique d’Amplegest et à 50 % sur la gestion déléguée ou pilotée pour le réseau Cyrus-Herez et quelques partenaires externes. L’an passé, nous avons connu une belle collecte sur nos fonds, de 200 millions d’euros, notamment sur nos fonds Amplegest Pricing Power, Amplegest Pricing Power US et nos fonds obligataires. Vous avez récemment indiqué votre volonté d’atteindre les 9 milliards d’euros d’encours d’ici 2030. De quelle façon allez-vous mener votre projet ?Nous avons défini deux grands axes de développement pour faire croître nos encours de 10 % chaque année sur les cinq prochaines années : - la distribution externe, qui est un travail de longue haleine. Nous disposons d’une équipe de cinq commerciaux, dirigée par Jean-François Castellani, associé et directeur du développement de l’Asset Management, dont deux sont dédiés aux cabinets de gestion de patrimoine et family offices, Cédric Michel et Paul Raoulx ; - et l’augmentation du taux d’équipement des clients du réseau Cyrus-Herez. En effet, nous comptons capter une partie du 1,7 milliard d’euros qu’il collecte. Par ailleurs, cette croissance peut également s’appuyer sur le recrutement de gérants privés, que nous recherchons en permanence à attirer, ou sur la réalisation d’une opération de croissance externe en cas de belle opportunité et pour compléter notre gamme. Que proposez-vous aux cabinets de gestion de patrimoine ?Nos démarches auprès des CGP a été initiée récemment, notamment via les fonds obligataires. Octo AM se distingue par son approche value du crédit. Deux fonds datés sont ouverts aux souscriptions, avec des échéances 2027 et 2029. Trois autres fonds sont proposés : Octo Crédit Value, Octo Crédit Value Investment Grade et Octo Crédit Court Terme. Nous considérons d’ailleurs, qu’eu égard à la volatilité des marchés, il convient de privilégier désormais les fonds gérés activement aux fonds de portage. Nous avons également relancé notre gestion flexible avec la gamme baptisée Nova gérée par Anthony Lapeyre, notre directeur de la gestion diversifiée. Du côté des actions, un fonds comme Amplegest Pricing Power US peut être attractif pour leur clientèle, ainsi qu’Amplegest Digital Leaders, sélectionné par Emergence, la Sicav de place pour l’accélération de sociétés de gestion entrepreneuriales, qui vient d’investir via son compartiment Techs for Good, 20 millions d’euros. Nous avons également ouvert notre gamme de gestion pilotée et de gestion sous mandat aux CGP, notamment via l’héritage de Fourpoints. Plusieurs typologies de mandats sont proposées : mandats de produits structurés distribution ou capitalisation, income, 100 % titres vifs, PEA, PEA international, ETF, équilibré, dynamique, prudent ou encore entrepreneurs (un 0 à 100 % actions avec un biais international fort, une gestion en titres vifs et ETF, ainsi qu’une poche de small caps sélectionnées selon une approche héritée du Private Equity). Ici, les clients des CGP accèdent à une gestion très orientée vers les actions. Au sein de ces mandats, selon les configurations de marché, nous pouvons y intégrer, entre autres, des produits structurés ou de l’or.Un mot sur votre politique ESG ?L’extra-financier, comme la philanthropie, est ancré en nous. Notre organisation ESG, dirigée par Stéphane Cuau, est aboutie, avec deux personnes dédiées et un modèle propriétaire. Tous nos fonds sont classifiés au minimum article 8 SFDR et sont, ou sont en cours, de labellisation ISR. L’ESG fait partie intégrante de nos choix de gestion et n’est jamais vu par nos gérants comme une contrainte, au contraire. Sur le plan philanthropique, nous avons mis en place le 3x1 % : - 1 % de notre chiffre d’affaires est reversé à des associations opérant dans les domaines de l’enfance, l’éducation et la réinsertion, dont une partie est attribuée par les collaborateurs afin de renforcer la cohésion des équipes ; - 1 % du temps de chaque collaborateur est consacré à des chantiers solidaires ; - et 1 % du temps de nos équipes est dédié à du mécénat de compétence, au soutien des banlieues.