Candriam - Batailles sur plusieurs fronts

22/01/2026 - source : Patrimoine 24

L’année s’ouvre sur une économie mondiale qui ne ralentit ni n’accélère de manière décisive, mais qui est de plus en plus façonnée par des forces qui se combinent et, parfois, s’opposent. La croissance s’est révélée plus résistante qu’anticipé, l’inflation a nettement reflué et les conditions financières ne sont plus restrictives dans la plupart des marchés développés. Pourtant, l’incertitude demeure élevée. Elle est alimentée par des déséquilibres cycliques mais surtout par des facteurs géopolitiques, des contraintes budgétaires et des questions institutionnelles qui reviennent une fois encore au premier plan.

Croissance : difficile de faire mieux 

Au niveau mondial, l’activité a bien résisté en fin d’année, soutenue par l’assouplissement des politiques monétaires et la solidité de la demande privée, en particulier aux États-Unis. La dynamique est toutefois de moins en moins uniforme. Les enquêtes indiquent encore une expansion, mais le secteur manufacturier reste à la traîne dans nombre d’économies avancées, où les services sont le principal moteur de la croissance – un contexte favorable à court terme, mais peu propice aux gains de productivité et aux surprises positives. Dans cet environnement, les marchés seront moins influencés par un scénario macroéconomique unique que par des forces structurelles qui persistent dans tous les scénarios. 

Aux États-Unis, la croissance continue de reposer sur la demande intérieure privée, mais ses composantes ont changé. La consommation ralentit sur fond de décélération des salaires et de recul de la confiance, tandis que l’investissement – notamment dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle – est devenu le principal moteur. Dans l’ensemble, on n’observe pas de détérioration du marché du travail, même si la création d’emplois a ralenti, tandis que le chômage a légèrement baissé et que les pressions salariales s’atténuent. Les risques de récession restent limités, mais les surprises en matière de croissance devraient être plus limitées et plus sélectives. L’implication pour les marchés est claire : le « timing » du cycle importe moins que l’identification de thèmes d’investissement susceptibles de résister au ralentissement de la croissance et à la divergence des politiques. 

L’économie de la zone euro présente un tableau atone, mais en voie de stabilisation, voire d’amélioration. La croissance est restée modeste, et on observe les premiers signes d’un redressement de la demande intérieure à mesure que la baisse des taux hypothécaires et le reflux de l’inflation se diffusent dans l’économie. La résistance des marchés du travail soutient les revenus, mais des taux d’épargne élevés et une confiance fragile continuent de freiner la consommation. Par ailleurs, la région est soumise à des contraintes externes négatives, qui sont un obstacle à une contribution significative du commerce extérieur. Les prévisions du consensus étaient si pessimistes ces derniers mois que même un taux de croissance médiocre a suffi à créer une surprise positive. Nous restons convaincus que la politique budgétaire compensera certains de ces effets en 2026 (notamment grâce au tournant budgétaire de l’Allemagne), mais sa mise en œuvre sera progressive, ce qui laisse présager une reprise lente plutôt qu’un rebond marqué.

La Chine demeure une source d’asymétrie dans les perspectives mondiales. Les mesures de relance stabilisent la croissance globale, mais la dynamique sous-jacente peine à se renforcer : l’ajustement du secteur immobilier, la faiblesse des incitations à l’investissement des entreprises et la persistance des forces déflationnistes continuent de peser sur la demande intérieure. Or, le commerce extérieur n’est pas en mesure de fournir la même contribution que lors des cycles précédents, en particulier dans un monde marqué par la rivalité stratégique avec les États-Unis. C’est pourquoi les indicateurs économiques ont systématiquement surpris à la baisse au second semestre 2025. Les investisseurs doivent donc renoncer à une exposition générale aux marchés émergents axée sur le bêta, pour cibler des thèmes liés aux chaînes d’approvisionnement stratégiques et aux priorités d’investissement en capital.

 

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À propos de Candriam

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Candriam est une société du groupe New York Life Investments. New York Life Investments se classe parmi les principaux gestionnaires d’actifs mondiaux.