Candriam - Conflit au Moyen-Orient

04/03/2026 - source : Patrimoine 24

Candriam revoit légèrement à la baisse du scénario central : « nous anticipons désormais un prix du pétrole de 75 $/baril (contre 65 $ précédemment), ce qui implique une croissance légèrement plus faible et une inflation plus élevée aux Etats-Unis comme en Europe. Positionnement constructif mais prudent : nous maintenons notre surpondération actions tout en surveillant étroitement la situation — l’histoire montre que les replis liés à des événements géopolitiques sont généralement de courte durée, sauf s’ils se transforment en choc macroéconomique durable. Principal risque extrême : un blocage prolongé du détroit d’Hormuz propulsant le pétrole au-delà de 100 $ raviverait les craintes de stagflation et nous conduirait à réduire notre exposition aux actions, en particulier dans les marchés émergents.

Les évènements 

Des frappes coordonnées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran ont débuté le samedi 28 février, tandis que les représailles iraniennes se sont étendues à l’ensemble de la région. En l’absence d’objectifs clairement énoncés par les États-Unis, ces événements génèrent de nombreuses hypothèses et incertitudes pour les mois à venir, ainsi que des risques pour les investisseurs.

L’évolution des prix du pétrole sera déterminante, pour les marchés et nos économies. Il n’est pas établi que le détroit d’Hormuz soit officiellement fermé au trafic maritime, mais les effets sont similaires : environ un cinquième du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié est actuellement bloqué[1]. Par ailleurs, certaines infrastructures énergétiques en Iran et dans d’autres pays du Moyen-Orient ont été perturbées (la raffinerie saoudienne de Ras Tanura a été visée par un drone lundi matin, tandis que le Qatar a suspendu sa production de GNL).

Une légère révision à la baisse de notre scénario économique central 

Durant la majeure partie de 2025 et jusqu’au début de 2026, le marché pétrolier était caractérisé par une offre excédentaire, les pays de l’OPEP ayant augmenté leur production. Le Brent est ainsi passé d’environ 80 $/baril en 2024 à moins de 70 $ en 2025[2]. Les récents événements au Moyen-Orient ont modifié cette dynamique, avec des prix revenant vers 80 $/baril.

L’impact macroéconomique d’une hausse des prix du pétrole dépendra à la fois de son ampleur et de sa durée. Les appels d’Israël et des États-Unis au renversement du régime iranien suggèrent qu’aucune des parties ne souhaite s’enliser dans un conflit prolongé. Si un blocage durable du détroit d’Hormuz est évité, les prix du pétrole ne devraient pas augmenter beaucoup plus. Toutefois, compte tenu de la déstabilisation de la région, nous anticipons désormais que les prix resteront supérieurs de 10 $ à notre scénario central, soit 75 $ le baril au lieu de 65 $ [3]. Aux Etats-Unis, nous anticipons une inflation supérieure de 0,3 % et une croissance inférieure de 0,2 % (2,2 % en moyenne en 2026). Dans la zone euro, l’impact direct d’une hausse des prix du pétrole sur l’inflation pourrait être plus modéré en raison d’une fiscalité plus élevée, mais l’Europe sera probablement plus vulnérable à une hausse des prix du gaz naturel. Si les perturbations sont temporaires, l’impact global sur l’inflation et la croissance devrait être similaire à celui observé aux US, avec une croissance proche de 1 % en moyenne en 2026.

Un blocage prolongé du détroit d’Hormuz pourrait pousser le pétrole vers 100 $ et modifier sensiblement notre scénario 

Bien que le président Trump ait déjà suggéré que le conflit durerait quatre semaines, un conflit plus long reste possible. Une perturbation prolongée du détroit d’Hormuz pourrait facilement faire passer le prix du pétrole au-dessus de 100 $ le baril, les alternatives pour contourner le détroit étant limitées. Aux États-Unis, une hausse durable du pétrole à 100 $ le baril (contre 65 $) ajouterait environ 1 point de pourcentage à l’inflation et réduirait la croissance du PIB de 0,7 point, ramenant la croissance en glissement annuel fin 2026 plus proche de 1 % que de 1,8 %. En Europe, la croissance passerait sous 1 %.

Dans un tel scénario, les banques centrales seraient peu enclines à réagir agressivement à la hausse de l’inflation, car il s’agirait d’un choc d’offre ralentissant significativement la croissance — en particulier si les marchés actions reculaient également, amplifiant l’impact négatif sur la confiance et les conditions financières.  

 

Pour lire l'article dans son intégralité, cliquez ICI.

 

dnca sommes nous a la veille d'un changement de cycle ?

Pour accéder au site, cliquez ICI.

À propos de Candriam

Candriam, qui signifie "Conviction AND Responsibility In Asset Management", est un gestionnaire d’actifs mondial multi-spécialiste. Pionnier et leader dans le domaine des investissements durables depuis 1996, Candriam gère environ 155 milliards d’euros d’actifs et s’appuie sur une équipe de plus de 600 professionnels. La société dispose de centres de gestion à Luxembourg, Bruxelles, Paris et Londres et ses responsables de clientèle couvrent plus de 20 pays dans toute l'Europe continentale, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Moyen-Orient. Candriam propose des solutions d'investissement dans plusieurs domaines clés : obligations, actions, gestion alternative et stratégies d’allocation d'actifs, avec une gamme large et innovante de stratégies ESG couvrant toutes ces classes d'actifs.

Candriam est une société du groupe New York Life Investments. New York Life Investments se classe parmi les principaux gestionnaires d’actifs mondiaux.