La 23ᵉ édition du baromètre « Les Français, l’épargne et la retraite », réalisée par le Cercle des Épargnants en collaboration avec l’institut de sondage IPSOS et CESI École d’Ingénieurs, permet de mieux comprendre et d’analyser les évolutions des comportements des Français face à un sujet qui les préoccupe.
Dans un contexte politique marqué par une crise en France, avec le PLFSS et le budget de la sécurité sociale, le débat sur la réforme des retraites reste au cœur de l’actualité. Alors que la réforme de 2023 continue de diviser, François Bayrou plaide pour une réouverture des discussions, relançant ainsi un sujet déjà très sensible.
Il est également intéressant de constater que, parallèlement à ces débats, l’épargne retraite des Français affiche des performances remarquables et atteint des sommets historiques. En 2023, elle a atteint 1 145 milliards d’euros – soit une hausse de 19,2 % par rapport à 2019 selon l’Observatoire des retraites européennes 2024 réalisé par Eres.
Entre épargne record et méfiance grandissante envers le système des retraites par répartition, nous faisons un point sur les nouveaux enjeux, les tendances et les perspectives de l’épargne retraite en France.
Une inquiétude et méfiance envers le système de retraite de plus en plus marquée chez les jeunesLes résultats du baromètre sont sans équivoque : 78 % des Français se disent inquiets quant à leur niveau de pension futur, un chiffre en forte augmentation par rapport aux années précédentes. Cette inquiétude est particulièrement vive chez les moins de 35 ans, dont 60 % expriment une défiance totale envers le système actuel.
Plusieurs facteurs expliquent ce pessimisme. Tout d’abord, la réforme des retraites de 2023, qui continue de diviser l’opinion publique, a renforcé le sentiment d’un système injuste et inéquitable. Ensuite, la crise économique et l’inflation ont érodé le pouvoir d’achat des Français, les rendant plus vulnérables face aux aléas de la vie. Enfin, la perspective d’une baisse des pensions dans les années à venir, due au vieillissement de la population et à la diminution du nombre d’actifs, alimente les craintes.
Une épargne retaite en hausse, mais pour quels objectifs ?Paradoxalement, dans ce contexte de méfiance, l’épargne retraite des Français atteint des niveaux records. Selon l’Observatoire des retraites 2024, celle-ci représente aujourd’hui 24 % de l’ensemble de l’épargne financière des Français et correspond à 40,6 % du PIB national, soulignant ainsi son poids croissant dans le patrimoine financier du pays.
De même, les versements sur les produits d’épargne retraite individuelle (PER, PERP, Madelin) ont progressé de 31,2 % en cinq ans pour atteindre 53 milliards d’euros en 2023.
Pour 39 % des sondés, la raison de détenir un produit d’épargne est d’augmenter leur effort d’épargne, une progression de 8 points en un an. La principale motivation reste la constitution d’une épargne de précaution (59 % des répondants), tandis que 28 % considèrent la préparation de la retraite comme une priorité, chiffre qui atteint près de 48 % chez les détenteurs de produits d’épargne retraite comme le démontre ce graphique.

Malgré l’essor de l’épargne individuelle, les Français demeurent attachés aux produits liquides et sécurisés.
Le Livret A, le LDD et le LEP restent les produits favoris, détenus par 84 % des Français. L’assurance-vie, toujours plébiscitée, est de son côté détenue par 37 % des actifs. Elle confirme son attractivité en étant, par pourcentage de répartition, le produit ayant le plus d’encours affecté à un objectif de retraite. Le Plan d’Épargne Retraite (PER), produit encore jeune sur le marché, séduit 15 % des Français, et 11 % envisagent d’y souscrire, illustrant ainsi sa montée en puissance.
Parallèlement à cette recherche de sécurité, on observe un intérêt croissant pour des placements plus diversifiés, surtout chez les jeunes générations. Ces dernières, mieux informées et plus ouvertes aux nouvelles opportunités, s’orientent progressivement vers des actifs plus risqués, tels que les investissements dans le non coté et les cryptomonnaies. Selon BPI France plus de la moitié des jeunes envisagent de souscrire à un placement financier dans le non coté en 2025 par exemple (contre 34% pour le reste de la population).
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