Fidelity International - L’Humeur des Marchés : Doudous boursiers

10/02/2026 - source : Patrimoine 24

Serait-ce le début de la fin pour l'IA ? Autant le dire d'emblée, non. Bien évidemment ! 

Les seigneurs de la tech n'ont pas dilapidé des trains de milliards pour laisser en plan des pyramides algorithmiques inachevées. Surtout si l'on sait que Amazon, Meta, Google, Microsoft comptent encore y engloutir plus de 600 milliards de dollars cette année. De leur côté, les investisseurs ne les ont pas porté aux nues jusqu'ici pour s'arrêter en si bon chemin. Et, fondamentalement, la foi dans l'avènement d'une techno-révolution mondiale économiquement structurante pour des siècles, reste inébranlable. Mais, il faut le reconnaître, le ticket pour monter dans la fusée du futur n'est plus vraiment donné. Et jusqu'ici il ne prophétise que l'obsolescence programmée de pans entiers de l'économie actuelle. La semaine passée, le lancement par Anthropic de son nouveau modèle d'intelligence artificielle (Claude Opus 4.6) affolait les marchés sur une fossilisation imminente de certains secteurs (logiciels et analyse de données). Un emballement peut-être un peu excessif qui met toutefois en évidence le sentiment que l'IA, sans même encore délivrer de la valeur sonnante et trébuchante, en détruit déjà par ailleurs.

Le contexte désormais pesant autour de la thématique impose une pause. Alors, en attendant que les "apprentis-techno-sorciers" achèvent leur huitième merveille du monde et la raccordent à la vieille économie, les investisseurs ont opéré, la semaine passée, un retour au concret. À quelque chose de plus tangible. Dans un élan inattendu teinté de nostalgie, ils sont revenus se positionner sur des valeurs sûres. Celles qui rassurent. Des doudous boursiers, en somme. Des profils de rendement plutôt que de croissance. Des petites et moyennes capi plutôt que des grandes. Des ressources plutôt que des services. Des secteurs et des industries d'un autre temps, pourrait-on dire. Un paradoxal retour aux sources qui a permis au jurassique Dow Jones - ascendant industriel - de franchir pour la première fois de son histoire le seuil des 50 000 points ! Porté par un Caterpillar - si, si… - en forme olympique (+7 %). Comme l'envie de ranimer la flamme chancelante d'une économie qui n'est pas encore tout à fait d'hier.

 

Le graph. de la semaine

lettre hebdo graph semaine 652

 

Performances Classes d'actifs

Si l'on devait synthétiser la tendance de la semaine passée, elle ressemblerait à un point d'interrogation. Ni les obligations, ni les actions ont fondamentalement pris le dessus sur l'autre pour distinguer la poursuite ou non d'une aversion au risque apparue la semaine précédente. Au final, une seule classe d'actifs se démarque : les matières premières. Et elles le font à la baisse, en dépit d'une orientation plutôt haussière des cours du pétrole qui ont conclu la semaine au-dessus des 68 dollars le baril (Brent). Mais c'est indéniablement la chute vertigineuse de certains métaux (or et argent en tête) provoquée par la décision du CME d'augmenter les exigences de marge, qui a pesé sur la tendance.

 

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