Édito. Xi Jinping n'aurait pas rêvé mieux. L'économie chinoise reprend des couleurs ! Et, le constat est aussi évident que désopilant, la guerre commerciale de Donald Trump n'y est pas pour rien. En portant, sabre au clair, l'estocade tarifaire au reste du monde, le président américain a surtout hâté les entreprises à faire des stocks en prévision d'un hiver économique d'une durée indéterminée.
Une aubaine pour la Chine qui, en tant que premier grossiste - et détaillant - planétaire, a vu ses exportations s'envoler de 12,4 % en mars - contre 2,3 % en février. Résultat, son excédent commercial dépasse les 100 milliards de dollars sur la même période… Alors, merci qui ? Plus globalement, depuis janvier, le changement de locataire à la Maison Blanche n'est pas pour déplaire à l'empire du Milieu. Alors que, l'an dernier, Pékin semblait tirer sa croissance par les cheveux pour la faire rentrer dans les clous prévisionnels du Politburo, le PIB chinois surprend désormais à la hausse (+ 5,4 % au premier trimestre) et paraît plus solide.
Est-ce à dire qu'il ne le serait pas sans le coup de pouce - involontaire - américain ? Et qu'à l'inverse, sous la férule tarifaire prohibitive de l'Oncle Sam, l'économie chinoise pourrait connaître un regain de fébrilité ? Pas forcément. D'une part parce que les entreprises chinoises ne sont pas nées de la dernière guerre commerciale - plutôt l'antépénultième. Depuis 2018, elles se sont adaptées en réorientant leurs flux de production vers d'autres destinations. Émergentes, notamment. Et, désormais, européennes où leurs exportations devraient augmenter de 6 % cette année, selon l'OMC. D'autre part, parce que le moteur domestique chinois semble mieux ronronner que dans un récent passé. Les ventes au détail reprennent du poil de la bête (+ 5,9 % en mars), notamment dans des secteurs comme la restauration, les articles culturels et sportifs ainsi que le mobilier. Et Pékin entend bien le faire monter en régime. La récente annonce d'un plan d'action conjoint du Conseil d'État et du ministère du Commerce visant à développer le secteur des services s'inscrit dans ce sens. Il nourrit, entre autres, l'ambition de stimuler davantage la demande intérieure via, notamment, l'augmentation des revenus des ménages. Bref, le vrai début d'un mieux…
Le graph. de la semaine : PIB trimestriel chinois
Source : Datastream, Q4 2021 - Q1 2025 - glissement a/a en %.
Phénomène assez inhabituel ces derniers mois, toutes les classes d'actifs ont conclu la semaine dans le vert. Une tendance qui tient aux dernières déclarations de Donald Trump sur le tempo de sa guerre commerciale. L'annonce d'exception de droits de douanes sur certains secteurs a donné aux investisseurs des raisons d'espérer des jours meilleurs. Finalement, ce sont les matières premières qui s'en tirent le mieux après avoir fortement souffert ces dernières semaines. Les cours du pétrole notamment qui reprenaient des couleurs en fin de semaine, soutenus par la perspective d'une restriction de l'offre avec les nouvelles sanctions américaines sur le brut iranien. Le baril de Brent a terminé proche des 68 dollars.
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Reposant sur des données et informations publiques et officielles, cet édito est une analyse/interprétation subjective et décalée de l’information économique et financière. Il ne saurait en aucun cas représenter un conseil financier ou d’investissement.

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