Depuis trois ans, les fonds eurocroissance, déclinés en fonds croissance (avec une garantie en capital partielle dans ce cas), remplissent leur rôle, celui de battre les fonds en euros classiques sur la performance servie. Selon le cabinet Good Value for Money, le gain moyen des fonds eurocroissance aura ainsi été de 3,04 % en 2025, après 2,84 % en 2024 et 2,90 % en 2023. A comparer aux fonds en euros classiques donc, qui ont respectivement affiché 2,65 % (estimation) en 2025 après 2,60 % en 2024 et 2023. L’écart reste toutefois minime, alors que les assureurs anticipaient plutôt cent à cent-cinquante points de base en plus.La barre des 15 milliardsForce est de constater que les assureurs ont changé de stratégie avec ce support, ayant choisi d’afficher une performance assez régulière d’année en année, après le yoyo connu auparavant. Cette photographie est toutefois trompeuse, tant les résultats affichés sur ce marché sont variables selon les assureurs. Sans conteste, une poignée d’entre eux – Axa, Generali et Prepar-Vie – tire leur épingle du jeu, avec des taux au-dessus des 3 % nets l’an dernier. Logique, ils ont fait de l’eurocroissance un pan fort de leur offre, ayant, du reste, constitué des réserves pour soutenir les performances dans le temps. A contrario, d’autres établissements, dont BNP Paribas Cardif, CNP Assurances et l’Afer, se positionnent nettement sous la moyenne. Certains acteurs, dont BNP Paribas Cardif qui en fut le porte-drapeau dans la décennie 2010, ne commercialisent même plus ce type de support. C’est l’autre écueil de ce marché, une offre qui reste minimaliste, avec quelques assureurs présents au plan commercial. De 3,3 milliards d’euros fin 2020, les encours de l’eurocroissance avaient quand même atteint 11,1 milliards, fin 2024, selon France assureurs. La barre des 15 milliards devrait être franchie en 2026. Un niveau honorable, mais loin d’être la révolution annoncée il y a quelques années.