Pourquoi la résilience est plus importante que jamais pour les entreprises et les investisseurs qui s’adaptent aux bouleversements environnementaux et géopolitiques.
Par une matinée ensoleillée de novembre 2018, près de Pulga, dans le nord de la Californie, un problème sur un pylône électrique appartenant à l’entreprise de services publics Pacific Gas and Electric (PG&E) a déclenché un incendie. Alimentées par des vents soufflant en rafales et par une sécheresse tenace, les flammes se sont rapidement intensifiées et ont donné lieu à un incendie de forêt qui s'est révélé être le plus destructeur de toute l'histoire de l'État.
Cet incident a provoqué la faillite de l’entreprise.
Pour un observateur lambda, une catastrophe de ce type pourrait simplement être due à la malchance. Pourtant, comme l'ont révélé les enquêtes judiciaires et réglementaires qui ont suivi, cet incident constitue un avertissement pour toute entreprise qui ne prend pas en compte les risques physiques liés à l'environnement dans lequel elle évolue.
Dans le cas de PG&E, le problème n'est pas venu d'une négligence mais d'une action insuffisante : ses mesures d’adaptation n’étaient pas à la hauteur de l'ampleur et de la vitesse d'une menace climatique croissante.
Depuis qu'elle est sortie du régime de protection des faillites en 2020, la société PG&E investit dans une série de mesures d’adaptation climatique, notamment dans des technologies de pointe telles que des capteurs, des drones et l’IA pour la prévention des incendies, l’inspection des actifs, l'amélioration des prévisions météorologiques, une détection et des interventions plus rapides en cas de panne, ainsi qu'un renforcement les lignes qui forment le réseau. Grâce à ces mesures proactives, elle a pu réduire de plus de 90% les risques d’incendies de forêt liés à ses équipements dans les zones les plus à risque par rapport à la moyenne de 2018-20201.
Pour les chercheurs du Stockholm Resilience Centre (SRC), les problèmes de PG&E illustrent à quel point il est crucial pour les entreprises de toutes tailles de renforcer leur résilience, notamment face à l'impact croissant des risques liés au climat et à la nature sur les résultats financiers.
Pourtant, les risques de dislocations inattendues vont au-delà des impacts climatiques : les guerres commerciales, les perturbations sur les chaînes d’approvisionnement ou les chocs liés des pandémie montrent qu'il ne suffit peut-être pas pour les entreprises de se concentrer uniquement sur la productivité et les gains d’efficacité pour réussir à long terme.
Le monde de l’investissement doit également en tenir compte. L'approche de la résilience et de l’adaptation par les entreprises dans un monde qui connaît de tels bouleversements environnementaux et politiques pourrait redéfinir à la fois la gestion du risque de portefeuille et l’allocation de capital.
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Par Stephen FreedmanHead of research and sustainability, Thematic Equities et
Katie SelfSenior Investment Manager
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