Pictet AM - L'Essentiel Macro - Premier semestre 2026

02/01/2026 - source : Patrimoine 24

Retrouvez chaque semaine un concentré de l'actualité macro-économique.

 

CHRISTOPHER DEMBIK 400x400Christopher Dembik, Senior Investment Adviser

Ciel couvert et brouillardeux - 05.01.2026

Les recherches Google pour l’argent sont à un point haut historique. Pourquoi ? Son prix en dollar a augmenté de 150% en moins d’un an* – soit une performance deux fois supérieure à celle de l’or. Cela éveille évidemment l’intérêt du grand public. Comment expliquer une telle hausse ? Certains analystes considèrent que le marché dégrade la valeur réelle du dollar dans laquelle le métal précieux est exprimé. Cette théorie a le vent en poupe. Mais elle nous semble peu crédible. Selon nous, quatre facteurs explicatifs sont à prendre en compte : une demande en forte progression de l’industrie qui fait face à une offre en baisse, des achats spéculatifs par les institutionnels au détriment de l’or, la corrélation positive entre l’or et l’argent (lorsque l’or monte, l’argent finit toujours par monter également) et la décision prise par la Chine pendant la trêve de Noël d’imposer à partir du 1er janvier des restrictions aux exportations sur l’argent – comme elle le fait sur d’autres métaux critiques. Dans la foulée, cela a fait flamber l’once au-dessus de 85 dollars à Shanghai le 29 décembre. Du jour au lendemain, c’est 13% de l’offre d’argent au niveau mondial qui est quasiment inaccessible.

Il n’y a pas que l’or et l’argent qui sont sur la pente ascendante. L’uranium, et d’autres matières premières, pourraient suivre le même chemin en 2026.

À surveiller

L’emploi américain pour décembre va être le principal point d’attention, alors que la Réserve Fédérale américaine (Fed) a signalé une approche prudente concernant la baisse des taux lors de sa dernière réunion. Même si des incertitudes subsistent sur l’ampleur des baisses à venir, il est probable que deux nouvelles baisses de taux pour un total de 50 points de base aient lieu au cours du premier semestre. Cela porterait le taux directeur entre 3,00% et 3,25%. C’est en ligne avec le consensus. L’évolution par la suite va dépendre, outre des habituelles statistiques économiques, de la capacité du remplaçant de J. Powell à prendre son envol par rapport à Donald Trump. Nous savons que le marché aime jouer à se faire peur. Nous doutons qu’une remise en cause de l’indépendance formelle de la Fed soit un risque crédible. L’enjeu est surtout de savoir si le nouveau président de la banque centrale sera en mesure de résister aux coups de pression de l’exécutif. Powell a été impassible. Certains de ses prédécesseurs, parfois malmenés physiquement par le locataire de la Maison Blanche, ont courbé l’échine.

 

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Par Christopher Dembik, Senior Investment Adviser

 

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