Surprise, les actions allemandes font mieux que les Américaines et les Françaises cette année. Pourquoi ? Est-ce que cela va durer ?
Christopher Dembik, Senior Investment AdviserC’est Jean qui rit, Jean qui pleure. Alors que l’indice CAC 40 est toujours pénalisé par les turpitudes politiques françaises qui vont certainement continuer jusqu'en 2027, son voisin allemand affiche une hausse record de +21% depuis le début d’année. C’est trois fois plus que l’indice parisien et presque deux fois plus que le S&P500, hors effet taux de change. C’est encore plus impressionnant quand on sait que la performance de la bourse allemande est décorrélée de celle de son économie. Cette dernière devrait connaître sa quatrième année consécutive de stagnation.
La baisse rapide des taux par la Banque Centrale Européenne jusqu’à 2% - qui devrait être le taux terminal. Une économie bien irriguée en crédit bénéficie en général aux actions, même si ce n’est pas suffisant.
La rotation de début d’année des actions américaines, jugées trop chères, vers d’autres cieux plus cléments et offrant des valorisations plus attrayantes. Cela a avantagé l’Allemagne du fait de la profondeur de sa bourse, des grandes valeurs internationales qui y sont cotées, et de la stabilité politique allemande qui est toujours un facteur rassurant pour les investisseurs.
Se sont ajoutés à cela les espoirs très éphémères de résolution du conflit en Ukraine en février/mars. Cela avait amplifié la rotation vers les actions européennes.Mais il y a évidemment d'autres raisons qui expliquent la performance du DAX.
Du bon et du mauvaisEn regardant dans le détail, la hausse du Dax est très concentrée autour de quelques secteurs, quelques entreprises. Ce n’est en rien surprenant. On observe un phénomène similaire sur quasiment tous les marchés, aux États-Unis en particulier et même sur le segment des petites valeurs en France où le rebond spectaculaire de 2025 (+48%), est seulement lié à une poignée d’entreprises dans les biotechs et la robotique maritime.Commençons par les perdants, en particulier le secteur automobile allemand. Il continue de souffrir d’un surplus de réglementation verte en Europe et surtout de la concurrence des constructeurs chinois, comme BYD, qui ont réussi à se positionner sur du haut de gamme à prix abordable et inondent désormais le marché européen. Ajoutons à cela les droits de douane américains qui ont directement pénalisé le secteur. Porsche est ainsi en repli de -16% depuis le début d’année. Daimler Truck, l’un des plus grands acteurs de l’industrie du transport, sauve les meubles avec seulement -4,8% sur la même période.Les acteurs de la vente au détail sont aussi à la traîne : -21% pour Adidas, et -18,8% pour Zalando.
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Par Christopher Dembik, Senior Investment Adviser
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