Le mois de juin a été marqué par une forte disparité entre la performance des actifs américains et celle des actifs européens. À cet égard, les taux souverains américains ont nettement reculé, portés par des avancées commerciales et budgétaires positives.
David Taïeb, Directeur des investissements en actifs cotés chez Sienna IM
Ceci a permis aux indices actions de surperformer, soutenus également par la dynamique toujours porteuse autour de l’intelligence artificielle. Le regain de tensions au Moyen-Orient n’a entraîné qu’une perturbation temporaire des marchés. Nous conservons une vision constructive dans nos allocations, avec une préférence pour les valeurs de croissance offrant une bonne visibilité et des valorisations encore raisonnables. Le positionnement sur les actifs régionaux reste également d’actualité. Enfin, nous restons attentifs à la baisse du dollar et ses impacts, qui interroge sur la crédibilité de la politique fiscale américaine.
ESSENTIEL Croissance
La Banque Mondiale a abaissé ses prévisions de croissance mondiale pour 2025 à 2,3 %, en repli de 0,4 point, à cause des tensions commerciales persistantes qui freinent l’activité et l’investissement. Cependant, l’institution évalue à moins de 10 % la probabilité d’une récession mondiale.
InflationEn mai, l’inflation dans le monde s’est élevée à 2,5 % en glissement annuel, un plus bas depuis quatre ans qui s’explique notamment par la faiblesse des prix du pétrole et des services. En France, en juin, les prix à la consommation ont progressé de 0,9 % sur un an, en légère hausse par rapport à mai (0,7 %).
Politique monétaireAprès une 8e baisse de taux en un an début juin, la BCE pourrait stabiliser sa politique monétaire. Nous estimons qu’elle devrait abaisser ses taux une dernière fois avant le 4e trimestre. De son côté, la Fed devrait également miser sur la stabilité, avant d’annoncer une baisse de ses taux directeurs en septembre puis en décembre.
Durable : Avec le franchissement du seuil de +1,5 °C, notre engagement reste intactPar Igor IGNATIEFF, Analyste Climat Listed Assets
Igor IGNATIEFF, Analyste Climat Listed Assets
Le dernier rapport scientifique international sur les indicateurs du changement climatique (IGCC 2024) confirme que l’objectif de limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C n’est désormais plus atteignable. En 2024, la température moyenne mondiale a atteint +1,52 °C par rapport à l’ère préindustrielle, franchissant pour la première fois ce seuil symbolique. Le rythme de réchauffement s’accélère (+0,27 °C par décennie) et le budget carbone pour rester sous +1,5 °C, avec 50 % de chances d’y parvenir, sera épuisé d’ici trois ans si les émissions mondiales ne diminuent pas rapidement.
Dans cette nouvelle réalité scientifique marquée par le franchissement du seuil de +1,5 °C, nous réaffirmons l’importance de notre engagement climatique. Notre stratégie climat, validée par la Science-Based Targets initiative (SBTi) en mars 2025, est alignée avec l’objectif de +1,5°C. Ce niveau d’ambition est le plus élevé reconnu par l’initiative et s’inscrit pleinement dans l’objectif de fournir des efforts continus pour maintenir cette trajectoire stratégique.
Notre feuille de route climat couvre nos opérations et nos investissements. Elle repose sur :
une réduction ambitieuse des émissions de nos propres opérations et investissements,
l’intégration systématique des enjeux climatiques dans nos décisions d’investissement,
le suivi rigoureux de nos progrès via des indicateurs alignés avec les standards SBTi.
Nous sommes convaincus que la transition vers une économie bas carbone est non seulement une nécessité environnementale, mais aussi une opportunité stratégique. En alignant nos investissements avec les objectifs de l’Accord de Paris, nous renforçons la résilience de nos portefeuilles.
Tendances : La croissance mondiale ralentit sous l’effet des droits de douanePlusieurs institutions ont actualisé leurs perspectives économiques et annoncent une activité mondiale au ralenti. Pour l’OCDE, la croissance du P.I.B. mondial devrait ralentir significativement, passant de 3,3 % en 2024 à 2,9 % en 2025, puis rester stable en 2026. Ce ralentissement affecte les économies avancées comme les pays émergents, et s’explique par la montée des tarifs douaniers, des niveaux d’endettement élevés et un recul de la confiance des entreprises et des ménages. Les États-Unis devraient connaître une croissance de seulement 1,6 % cette année, contre 3,3 % en 2024, tandis que la zone euro resterait autour de 1 %. Les pays émergents, tout en maintenant un certain dynamisme, sont également confrontés à des vents contraires, notamment la Chine, dont l’économie pâtit des tensions géopolitiques et d’un secteur immobilier affaibli.
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