L’année boursière commence par une bonne nouvelle pour les actions européennes qui bénéficient d’un retour en grâce de la part des investisseurs. Jusqu’à quand ? La géopolitique et les inquiétudes concernant l’IA sont également de la partie.
Ce début d’année a consacré le retour de la géopolitique sur le devant de la scène, le retour en grâce des actions (pour combien de temps ?) et le retour des inquiétudes concernant l’IA, vrai serpent de mer des marchés financiers.
Le retour de la géopolitiqueLa géopolitique fait son grand retour cette année à la faveur d’une nouvelle présidence Trump. Pour l’instant, les sorties de Donald Trump, notamment concernant le canal de Panama et le Canada, ont été considérées avec dédain par beaucoup de commentateurs français. En réalité, tout ceci est plus subtil. La nouvelle administration américaine souhaite créer un glacis stratégique en s’assurant de la mainmise des États-Unis sur le Canada et le Groenland. Dans le cas du Groenland, l’objectif est double : contrôler la nouvelle route commerciale qui s’ouvre du fait de la fonte des glaces, et accéder à des métaux indispensables pour assurer le développement économique américain et son hégémonie dans l’IA. Cela implique d’avoir le contrôle des réserves d’uranium du Groenland. C’est une question de sécurité nationale pour les États-Unis. Face à la demande des centres IA, l’uranium atteint des sommets historiques. La semaine dernière, le prix de l’uranium enrichi a explosé à 190$ par unité SWU, contre 56$ il y a trois ans !
Le nouveau président américain semble valider la nouvelle division du monde que les Russes et les Chinois promettent depuis une quinzaine d’années : des aires civilisationnelles dominées chacune par un État impérial. Nous sommes à un tournant géopolitique majeur. Il faut s’attendre à de nombreux soubresauts et à une année boursière très volatile.
La bonne excuse DeepSeekCe début d’année fut plutôt poussif pour la bourse américaine. Elle avait besoin de reprendre son souffle. Le contexte était propice. Les investisseurs s’interrogent depuis un moment sur les valorisations du secteur technologique. Le niveau de détention des actions américaines est élevé. Sur les trois derniers mois, les investisseurs étrangers ont acheté pour un total de 76,5 milliards de dollars d’actions américaines - un record. Il n'y avait virtuellement plus d'acheteurs sur le marché. Enfin, sans surprise, la forte concentration amplifie les mouvements de panique. Sur la plateforme Interactive Broker, populaire auprès des particuliers et des institutionnels aux États-Unis, Nvidia représentait 50% des volumes échangés en 2024. Une baisse était inévitable. DeepSeek – du nom de cette start-up chinoise qui ferait aussi bien avec un coût moindre que les géants de l’IA américains - fut la bonne excuse.
Depuis, la bourse américaine s’est reprise. Le choc lié à DeepSeek semble derrière nous. Mais la volatilité devrait rester de mise, qu’elle soit liée à des phénomènes externes, comme la guerre commerciale, ou à des facteurs plus techniques.
Pour accéder à l'intégralité de l'article, cliquez ICI.
Source : Terre d’Épargne, de Pictet Asset Management
Écrit par Christopher DembikSenior Investment Adviser
Pour accéder au site, cliquez ICI.