Marier sécurité et rendement : c’est le pari du fonds croissance lancé par Allianz. L’assureur veut profiter du contexte obligataire favorable pour proposer cette alternative d’investissement à ses épargnantsJusqu’ici très limitée, l’offre de fonds croissance ou eurocroissance pourrait s’intensifier ces prochains mois sur le marché de l’assurance-vie. Signe en est le lancement par la compagnie Allianz de son premier fonds croissance, logiquement nommé Allianz Fonds Croissance, et intégré dans son contrat Allianz Vie Fidélité (également dans son contrat de capitalisation). Son principe ? Allier des perspectives de rendement attractives, tout en affichant une garantie du capital à l’échéance.Un horizon de dix ans« Il s’agit du même fonctionnement qu’une unité de compte (UC), mais avec une garantie au terme qui est apportée par l’assureur, explique Françoise Heckmann, directrice produits d’épargne chez Allianz France. L’épargnant ne perd donc jamais d’argent s’il reste investi sur le fonds jusqu’au terme, puisqu’il retrouvera toujours au minimum les sommes nettes qu’il a investies. ». Retour sur la garantie en capital : techniquement, en investissant sur le support Allianz Fonds Croissance, les sommes versées donnent lieu à la constitution d’une provision pour diversification, dont l’assuré acquiert des parts. L’assureur ne s’engage pas sur la valeur de ces dernières (variable au gré des marchés financiers), mais à l’échéance, il garantit bien le montant du capital investi. Ici, le terme a été fixé à dix ans. Mais point clé : le compteur démarre lors du premier versement dans le fonds. Autrement dit, tout argent remis au pot par la suite sera aussi garanti au terme des dix années de départ. « Nous limitons toutefois les versements au-delà de huit ans afin d’éviter les comportements opportunistes », précise Françoise Heckmann. Ajoutons trois éléments. Un, cette garantie s’entend nette de frais sur les versements (4,50 % maximum sur l’assurance-vie précitée). Deux, au terme des dix ans, l’assuré pourra arbitrer son capital vers un autre support ou réinvestir sur le même fonds croissance, repartant pour une échéance à dix ans. Trois, tout rachat avant la période des dix années se fera à la valeur de marché du capital placé sur ce support (donc possiblement en moins-value). Objectif : battre le fonds en eurosPour Allianz, le lancement de ce fonds croissance vise à répondre à une demande des épargnants, en quête d’un produit sécuritaire mais rentable. Traduction : le but affiché est clairement de faire mieux que le fonds en euros classique, autour de 1 % de plus par an selon les pronostics d’Allianz. Pour y parvenir, la gestion sera plus dynamique que sur l’actif en euros traditionnel. « Le contexte financier actuel créé le momentum idéal pour le lancement d’un fonds croissance, commente Françoise Heckmann. Cela représente une opportunité attractive pour nos clients de bénéficier durablement des obligations à hauts rendements. » Voilà qui explique pourquoi si peu d’assureurs ont joué la carte de cette solution ces dix dernières années, alors que les taux obligataires étaient bas voire nuls.A noter : ce fonds croissance logé dans un portefeuille cantonné relève de l’article 8 du règlement SFRD, qui vise à promouvoir la finance durable. Côté frais de gestion du fonds, ils sont dégressifs selon le montant investi. La barre est à 1,15 % par an (prélevé sous forme de parts de provision de diversification) jusqu’à 150 000 euros, de 1,05 % entre 150 000 et 300 000 euros, de 0,95 % entre 300 000 et 1 million d’euros, et enfin de 0,85 % au-delà.Une allocation à trois jambesReste à convaincre les épargnants, mais aussi les réseaux de distribution, de la pertinence de cette solution au fonctionnement technique complexe. Pour accompagner ce lancement, Allianz a majoré, fin 2024, le rendement de son fonds en euros de 0,5 point si 15 % du versement était affecté au fonds croissance. Il faut toutefois préciser que le fonds en euros du contrat Allianz Vie Fidélité repose déjà sur un fonctionnement atypique, avec une garantie de « fidélité » consistant à mettre de côté une partie des gains engendrés (ce qui procurera un bonus sur les UC ultérieurement). Plus fondamentalement, la compagnie promeut désormais une allocation financière à trois jambes, avec un tiers sur le fonds en euros, un tiers sur le fonds croissance et un tiers sur des unités de compte. Un modèle stratégique poussé par l’assureur Generali depuis plusieurs années déjà. La distribution de ce fonds croissance est large puisque du ressort du réseau d’agents généraux d’Allianz, mais aussi des conseillers patrimoniaux et des agents « expert patrimoine et protection sociale » du réseau Allianz Expertise et Conseil.