Generali accélère sur le marché des TPE-PME avec un plan d’épargne-retraite obligatoire (PERob) complet, mixant épargne et prévoyance. Generali accélère sur le marché des TPE-PME avec un plan d’épargne-retraite obligatoire (PERob) complet, mixant épargne et prévoyance.
Le PERob, appelé aussi PER-Cat (PER catégoriel), n’est autre que le compartiment 3 de tout PER. Anciennement, il s’agissait des contrats article 83, dits aussi PERe. Pour rappel, dans un PERob, les cotisations sont obligatoires, avec une prise en charge partielle (50 % minimum) ou totale par l’employeur.
Acteur majeur sur la retraite individuelle des non-salariés, Generali vise aujourd’hui le marché des entreprises, en particulier des TPE-PME. D’où ce nouveau produit nommé Generali Retraite Entreprise, qui vient compléter une gamme déjà composée de plusieurs PER individuels et d’un PERcol pour l’épargne salariale (1).
Un marché porteur
Les ambitions de l’assureur italien sont fortes : « Avec cette offre, nous entendons devenir l’un des leaders du marché français de la retraite supplémentaire et visons d’atteindre 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, à horizon 2030 », indique Sophie Vannier, directrice générale de Generali Retraite. Sachant qu’en 2024, le chiffre d’affaires fut de 1,5 milliard pour un encours total de 21 milliards. Le terrain semble propice à une telle croissance. Selon une étude Mercer réalisée en 2025, 69 % des salariés estiment, en effet, que leur entreprise doit jouer un rôle dans la préparation de leur retraite. Surtout, 57 % d’entre eux soutiennent l’idée d’instaurer des « cotisations régulières basées sur leur salaire pour alimenter un plan d’épargne retraite ». Ce à quoi répond stricto sensu le PERob, qui profite d’avantages fiscaux et sociaux tant pour l’entreprise que les salariés affiliés (cf. Investissement Conseils n° 885 d’octobre 2025). « Ce produit est un levier d’attraction et de fidélisation important des salariés », analyse Sophie Vannier.
La prévoyance mise en avant
« Nous avons conçu une solution digitale et responsable, la plus simple possible, pour permettre aux employeurs – notamment les TPE et PME – d’être acteurs de la protection sociale de leurs équipes », poursuit Sophie Vannier. Au menu de ce PERob, deux modes de gestion. Celle dite pilotée à horizon retraite, dont la présence est prévue par les textes réglementaires, prévoit un rééquilibrage gratuit de la répartition entre le fonds en euros et les unités de compte deux fois par an (1er mars et 1er septembre).
La gestion libre comprend une quarantaine de supports diversifiés et responsables (ISR, ESG, PEA-PME, actifs non cotés), ce qui est encore assez rare dans les PERob du marché. Un fonds en euros est aussi proposé pour sécuriser son capital. En outre, quatre arbitrages sont possibles sans frais par année civile (0,50 % l’acte ensuite).
Côté frais justement, ils sont au maximum de 4,95 % sur les versements et de 0,60 % par an pour la gestion du fonds en euros et 0,96 % pour les UC, correspondant aux niveaux moyens de marché.
Mais ce PERob est plus qu’un outil de capitalisation, puisqu’il intègre un volet prévoyance. La garantie décès plancher est incluse dans le contrat, avec un plafond fixé à 300 000 euros. Plus innovant : Generali propose la garantie « sérénité », qui verra l’assureur, en cas de décès d’un salarié affilié avant sa retraite, alimenter le compte de ce dernier d’une somme égale « au cumul des versements obligatoires » qui auraient dû être versés jusqu’à son « âge légal de départ en retraite ». Un schéma assez peu répandu dans les contrats retraite d’entreprise (mais souvent présent dans les PER des non-salariés). Optionnelle et possible dans les entreprises de cinq salariés affiliés ou plus, cette garantie coûte 6 % des versements obligatoires (part salariale et patronale).
Modulaire et fluide
Sur un marché ultra-concurrentiel, distinguer les produits n’est pas évident, tant s’en faut, pour les employeurs. Outre le contenu financier et technique de l’enveloppe, c’est du côté des services que le match se joue. « Notre produit se différencie par sa modularité », avance Sophie Vannier. Exemple : l’employeur a le choix des catégories de salariés pouvant accéder à ce PERob. Il peut aussi décider des modes d’indexation des cotisations chaque année. Bref, l’idée est de permettre à l’entreprise d’aménager le contrat selon ses objectifs. Autre point important : la souscription est 100 % digitalisée, tout comme les actes de gestion par la suite. Et l’interface se veut fluide avec « des espaces clients intuitifs pour les salariés » selon l’assureur.
1. Concernant le PERcol, le teneur de compte est Amundi, Generali étant distributeur du produit.
Vers une sortie en capital ? Le PERob impose une sortie sous forme de rente viagère, sauf si son montant est inférieur à 110 € par mois (montant fixé à l’article A160-2 du Code des assurances). Un écueil important face au PERin et au PERcol qui prévoient la sortie en capital. Des discussions sont toutefois en cours entre assureurs et pouvoirs publics pour « une extension de la sortie en capital à tous les compartiments du PER », incluant donc le PERob (Rép. min. Di Filippo, 3 oct. 2023, n° 5681). A suivre…